• Afin d'échapper à la complication et à la difficulté de Szymanowski, j'ai mémorisé chaque scherzo des « Sonates pour piano nº 2 et nº 3 » de Chopin. L'ordre dans lequel je les interprète est d'abord le scherzo de la sonate nº 3, ensuite celui de la nº 2.

    Scherzos des « Sonates pour piano nº 2 et nº 3 » de Chopin

    Celui de la sonate nº 3 évoque une glissade acrobatique sur de la neige fraîche, avant que tombe une nuit inquiétante.
    En revanche, celui de la nº 2, héroïque, commence par les bruits de la terre, et évolue vers une nuit douce-amère.
    Je veux mémoriser autant d'œuvres miraculeuses que possible !

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  • Contemporain de Ravel et de Scriabine, Szymanowski, a, lui aussi, poussé jusqu'aux limites du possible la musique tonale, qui touchait à sa fin, pour développer un nouveau charme.... Il s'agit de l'« Étude op. 4 et op. 33 ». J'ai mémorisé les quatre pièces suivantes des Études (dans l'ordre où je les interprète).

    L'« Étude op. 4 et op. 33 » de Szymanowski – extraits

    op. 33, nº 11 : L'harmonie de la note chromatique évoque pour moi la tristesse de « Tristan et Isolde » de Wagner. Le grand arpège sur la note basse de Ré est joué trois fois, en enflant énormément.
    op. 33, nº 1 : L'harmonie polytonale dans laquelle le sol bémol majeur est superposé au ut majeur rappelle parfois celle de « Jeux d'eau » de Ravel. Mais quant au rythme, ce morceau, qui marche mécaniquement est facile. Il annonce plutôt Poulenc.
    op. 4, nº 2 : Ce morceau est pour ainsi dire un hybride né de l'« Étude op. 25, nº 2 et op. 25, nº 9 » de Chopin. L'harmonie bouleversante se transforme librement en scintillant comme un kaléidoscope, mais la basse est très limpide comme la basse continue du Canon de Pachelbel. J'adore !
    op. 33, nº 5 : C'est un air court et grave dans le style de Brahms, qui revient à la tonique comme par magie.

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  • J'ai mémorisé les sept pièces suivantes de « Vingt-quatre préludes op. 11 » de Scriabine.
    nº 1 : Pentatonique (formé de cinq tons), qui est un langage musical plutôt pastoral, se resserre par la mesure à cinq temps* ; c'est-à-dire une composition autour du cinq.
    nº 3 : Un mouvement perpétuel, qui est une variation de la pièce nº 1.
    nº 14 : Un style d'invention à deux voix, épaissie par des accords. La mesure à quinze temps de cette pièce aussi se base sur cinq temps (trois fois cinq), ce qui la rend tendue.
    nº 19 : Elle m'évoque quelque chose de vaste, comme le firmament où se déplacent les étoiles de façon synchrone. L'accompagnement est composé de cinq doubles croches et les tons sont pentatoniques, là aussi.
    nº 20 : Passion déchirante, rage de la basse.
    nº 21 : On peut la titrer « Träumerei », comme une musique dédiée aux morts.
    nº 24 : Une course incandescente et ardente d'accords répétés.

    « Vingt-quatre préludes op. 11 » de Scriabine – extraits

    * La mesure à cinq temps [♫♫♪] se resserre davantage que celle à trois temps [♫♫♩ ].

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  • Je viens d'interpréter les « Huit études de concert op. 40 » de Kapoustine. Cependant, elles sont un peu trop compliquées pour être interprétées en solo. Nous les avons donc facilement interprétées à quatre mains, comme d'habitude.

    C'est Kapoustine que j'ai interprété cette fois

    Les fréquentes modulations et le mouvement hélicoïdal des tons, qui évoquent pour moi le style de Hindemith, paraissent difficiles, mais ils aboutissent toujours sur une cadence évidente. Un mouvement perpétuel foisonnant, composé de motifs, évoque celui de Bach. Après une exposition débridée, cette musique trouve son apogée dans de lourds accords polytonaux.
    La sixième étude « Pastorale » est une musique à la française.
    La septième « Intermezzo », est comme une musique de Noël.
    On dirait du classique remis au goût du jour, autant dire une joyeuse gymnastique de l'esprit propice à l'inspiration musicale.

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  • Le magnifique thème de début qui monte en flots de doubles croches, où des notes sont parfois attaquées en syncope, disparaît tôt. Mais pourquoi ? Soudain, il fait place à un rythme joyeux et sautillant, puis à une valse énergique…. Dans la seconde moitié, la technicité pianistique est éliminée, pour approfondir l'harmonie, semblable à celle d'un orgue. Un autre thème, descendant, lent, paraît simple, mais la structure de la phrase est plutôt compliquée, et il faut y prêter attention quand on le mémorise.

    « Novellette Op. 21, No. 8 » de Schumann

    Au début, j'étais mécontent de la conclusion qui ne m'a paru qu'une réexposition des thèmes secondaires, mais maintenant, je vois que c'est le thème de début, angoissé, qui se transforme en valse énergique ! Il s'agit de « Novellette op. 21 nº 8 » de Robert Schumann, que j'ai mémorisé.

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