• Cette année, j'ai terminé la composition de deux chants anglais en janvier, un morceau contemporain pour piano en février, puis le mois dernier, un morceau pour ensemble à vents que j'ai soumis à un concours organisé par une confrérie américaine d'orchestres universitaires amateurs.

    La meilleure forme que l'on ait jamais vue

    Pour moi, composer ne veut pas dire inventer une musique que l'on n'a jamais entendue. Je vise toujours une forme supérieure, encore jamais vue, je cherche s'il y a encore d'autres façons, ou si un meilleur compositeur s'y prendrait différemment. En limitant les motifs, je veux composer une musique qui se développe spontanément, comme le font toutes les œuvres classiques, cela va sans dire.
    Quand je termine un morceau, c'est la cristallisation des semaines où je me suis laissé posséder par la composition. Je ne peux jamais refaire la même chose. Je bénis mon présent qui me permet, chaque jour, de me consacrer exclusivement à la musique.

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


    votre commentaire
  • Un grand nombre de mes pièces n'ont pas été primées lors de concours de composition. Est-il bon de les celer et de continuer à composer des pièces de même style qui ne me satisferont pas ? Ou serait-il mieux de reprendre et de peaufiner les pièces déjà écrites ?

    Les pièces non primées sont des atouts

    Réécrire objectivement après coup une pièce que j'ai conçue de mon mieux doit m'apporter davantage que composer une nouvelle pièce. Construire son propre style musical, ce n'est pas adopter différents langages, mais se recentrer sur ce qu'on veut vraiment afin de mettre de nombreuses fois en pratique les mêmes principes. C'est le choix unique que peut faire un compositeur qui dépasse le milieu de sa vie. Liszt lui-même, a revu les études faciles semblables à celles de Czerny qu'il avait composées dans son enfance, pour aboutir aux « Études d'exécution transcendante. » À propos, combien de temps me reste-t-il ?

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


    votre commentaire
  • Le mois dernier, j'ai écrit trente pièces pour piano, ou plutôt des fragments pour piano pour les très jeunes enfants, à la demande de la « Shimamura Music sarl. » où je travaille. Depuis des mélodies sans accompagnement jusqu'aux pièces à quatre mains, qui incluent trois arrangements, il a fallu dix jours au total. J'ai composé une douzaine de ces pièces sur les seules notes do, ré, mi, fa et sol…. Serais-je un compositeur atteint d'un « Lolita Complex » ? En fait, composer seulement avec des notes simples, cela me met à nu, j'ai donc eu un peu peur. Mais, cette contrainte-même a réveillé mon inspiration, et finalement je me suis laissé prendre au jeu avec parfois une réelle émotion.

    Trente pièces pour piano pour jeunes enfants

    Chacune de ces pièces pour piano a reçu une vie qui lui est propre, comme un fœtus. Elles vont être publiées à l'usage exclusif d'un seul pays. Je souhaite que ces pièces leur procurent l'expérience de la palpitation, de la surprise, de la découverte et du défi !
    (Photo : au restaurant de plat thaïlandais « Elephant Kitchen »)

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


    votre commentaire
  • Quand j'étais élève en 4e et 5e années d'école primaire, je suivais les leçons de piano auprès du professeur Hajimé Ozawa à Odawara. Lorsque j'ai inconsciemment balancé mon corps en écoutant, debout, son interprétation d'une sonatine, le professeur s'est arrêté de jouer pour mettre ses deux mains sur mes deux épaules en me disant joyeusement : « Voilà, tu bouges ! Interprète comme ça ! »
    Un jour, il m'a donné en devoir de dessiner des vagues à la brosse pour visualiser l'évolution de la sonatine. J'ai alors dessiné une courbe comme un oscillographe. Mais ce qu'il a dessiné au crayon sur une page entière pour le point culminant de la sonatine ressemblait à « La grande vague de Kanagawa », la célèbre estampe japonaise du spécialiste de l'ukiyo-e, Hokusai. Sa maison se trouvait au bord de la mer. Un soir, avant l'arrivée d'un typhon, à la fin de la leçon, il m'a proposé, ainsi qu'à une autre élève et à nos mères, d'aller ensemble au bord de l'eau, pour parler : « J'aime beaucoup ces vagues furieuses. »

    Une fois, il m'a demandé d'improviser en disant : « Tire des sons aussi effrayants que possible. » J'ai peut-être improvisé comme un fragment d'adagio en mineur. Mais ce qu'il m'a montré m'a étonné : « C'est vraiment de la musique ? » Il s'agissait de longues notes graves d'un cluster pianissimo et un son aigu, soudain comme un éclair. Entre autres, c'est son visage tellement expressif qui m'a bouleversé !

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


    votre commentaire
  • Auparavant, je mettais le plus grand soin à composer le début d'une œuvre, mais après en avoir réglé tous les problèmes, je pouvais composer la suite de plus en plus facilement, et l'œuvre était déjà terminée dans ma tête pendant que j'en composais la seconde moitié. Ça marche bien dans le cas d'une sonate ou d'une ronde, mais en dehors de ces formes, cette façon de composer donne souvent un caractère préfabriqué ou une âpreté à la seconde moitié.
    Alors maintenant, je réfléchis davantage sur la seconde moitié. Vraiment, la première moitié qui est une exposition pleine d'attrait, la seconde moitié qui est un développement dramatique plein d'esprit mais construit de même matière que la première moitié... c'est la formule de la musique classique. A mon avis, la musique doit être comme cela, même de nos jours.

    Réfléchir sur la seconde moitié plus que sur la première

    L'autre jour, j'ai achevé la révision de deux œuvres, « Brown Brownian Motion » et « Breeze in A » pour flûte basse, vibraphone et trio à cordes. Tout ce qui a été retravaillé se trouve, principalement, dans la seconde moitié. Par ailleurs, en ce qui concerne « Brown Brownian Motion », j'ai modifié les points que j'avais appris de l'agogique de la première exécution.

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique