• Un jour, une des élèves de ma classe de composition n'arrivait plus à composer sa pièce. Lorsque je lui ai conseillé : « Il existe une formule qu'on peut utiliser ici...», l'élève m'a dit d'un air amusé : « Je vais donc dépasser la formule ! » alors que ce n'était pas un contexte où on dépasse la formule. Vraiment, comment dépasse-t-on une formule si on ne la connaît pas ?
    Au contraire, seul celui qui connaît une multitude de formules peut en créer qui sortent de l'ordinaire. Parce qu'il y a même une formule pour dépasser une formule fondamentale.

    Comment dépasse-t-on une règle ?

    Mais un tel raisonnement semble inutile pour une compositrice amatrice. Celui qui doit modifier quelque chose, c'est moi. Désormais, j'ai décidé de ne plus dire : « Il existe une formule... ».

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  • La mémorisation de mots, l'apprentissage de la discipline, l'entrainement physique, la formation des motards de la police, la formation au combat, et l'éducation de l'oreille.... Ce ne sont pas des choses qui demandent beaucoup de réflexion. Dans un travail dangereux où une prise de décision instantanée détermine la survie ou la mort, il est impératif de pouvoir agir intuitivement.
    L'apprenti qui cherche toujours une bonne raison ou une excuse à sa condition de chaque jour ne peut jamais s'améliorer. Quand on réfléchit à son échec, et qu'on échoue pour y avoir réfléchi, cela devient un cercle vicieux. Il en va de même pour l'éducation de l'oreille. Cela ne résulte pas d'une activité complexe du cerveau, mais d'un réflexe conditionné du cervelet !

    L'oreille, c'est comme un réflexe conditionné

    « L'apprentissage pavlovien » : cette comparaison peut sembler exagérée, mais c'est aussi simple que de dresser un chien. Par ailleurs, on peut remarquer que les chiens dressés paraissent plus joyeux. Ainsi, dresser son oreille musicale devrait être joyeux !

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  • C'est au début de l'été quand j'avais vingt ans que j'ai composé trois inventions primitives à deux voix pour un cours de contrepoint à l'Université de Shizuoka. Alors cette année, j'ai recommandé à une de mes élèves de ma classe de composition de faire des inventions. Et je vais aussi en composer une à titre d'exemple. En faisant l'imitation on peut comprendre l'émerveillement de la musique classique comme suit.
    N°1 en do majeur ; une construction parfaite
    N°4 en ré mineur ; l'énergie-choc faite par saut de la note sensible
    N°13 en la mineur ; la seconde moitié, le renversement de la situation du sujet et le divertissement
    N°14 en si bémol majeur ; il devient à quatre voix virtuellement au point culminant
    Il y a des conceptions audacieuses et des réalisations.
    En plus, N°6 en mi majeur ; mouvement contraire de la gamme diatonique et la gamme chromatique
    N°12 en la majeur ; une note avec des ornements se répétant devient un long trille
    Qui pourrait penser composer des inventions avec ces sujets excepté Bach ?

    « Invention » de J.S.Bach

    Au contraire des grandes œuvres qui comme la « Passion selon saint Matthieu » sont majestueuses, quelle provocation et quel miracle ces inventions à deux voix qui ne durent seulement que des douzaines de secondes ! La forme courte des œuvres et l'utilisation limitée de notes laissent libre cours à l'imagaination comme le haïku. Vraiment, le titre « Invention » est raisonnable.

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  • C'est durant les vacances de printemps après ma première année à l'Université Shizuoka que j'ai découvert la musique de Sweelinck. Alors que je travaillais en tant qu'ouvrier en contrat à durée détermniée d'une quarantaine de jours dans le but de pouvoir m'offrir un enregistreur multi-pistes pour synthétiseur, j'ai entendu un matin cette musique sur la radio FM que j'écoutais pour me réveiller. Au début de ces journées de travail bien réglées, la musique pure et douce me faisait sortir de ma routine.
    Alors trente ans après, j'ai donné une tâche à une de mes élèves de ma classe de composition l'année dernière. Elle devait de faire six canons, et j'en ai aussi composé un à titre d'exemple. Dans ces œuvres on pourrait déceler l'influence de Sweelinck.

    Six Canons

    Après la catastrophe consécutive au gigantesque tremblement de terre, alors que les événements liés au tsunami et à l'explosion d'une centrale nucléaire se sont produits simultanément dans une région proche, ces canons simples qui n'ont rien à exprimer paraissent plutôt convenables pour exprimer le regret.

    le fichier audioJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


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  • L'autre jour, j'ai reçu un e-mail de Paul Ayres qui est organiste, compositeur et conducteur habitant à Londres. Il allait faire un arrangement pour chœur de la berceuse traditionnelle japonaise commençant par « Nen nen kororiyo », et il voulait que je corrige sa notation de la mélodie et que je lui conseille quelque chose d'autre. Il y avait des erreurs de texte dans sa notation PDF. Comme il y avait des sites dignes de confiance sur le texte et la mélodie de cette berceuse célèbre, j'ai copié sur mon e-mail les liens de sites pour le texte et pour le fichier audio de la mélodie. De plus, j'ai mis en pièce jointe ma notation au format PDF pour lui montrer exactement le texte et la mélodie correcte.

    L'harmonie japonaise

    Voici le conseil que j'ai envoyé :
    Cette mélodie est composée de 5 tons qui sont pentatoniques. Comme vous avez deviné, il y a deux genres de mode pour cette berceuse. Généralement parlant, les mélodies pentatoniques n'ont ni tonique ni dominante. La plupart des musiciens (amateurs) harmonisent cette mélodie comme ils le font pour les chansons allemandes, avec tonique et dominante, cependant je ne pense pas que c'est convenable. Je n'ai pas l'intention de limiter votre adaptation, mais je peux vous recommander d'harmoniser (et faire le contrepoint) avec seulement les 5 tons. Par exemple il ressemblerait à « Pagodes » dans « Estampes » de Debussy (voir fichier joint).
    Alors, votre question était si intéressante que je ne peux m'empêcher d'arranger la berceuse pour petit orchestre avec un accord unique. Je vais le publier sur mon site « Bibliothèque Musicale » un de ces jours.

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