• Cette année encore, aucune de vos interprétations n'a manqué d'ambition. Mes félicitations à tous les concurrents !
    Il se trouve que, le mois dernier, j'ai eu un entretien avec une personne qui voulait abandonner l'enseignement du japonais pour devenir professeur de saxophone. Je l'ai interrogée pour comprendre quel professeur de japonais elle avait été, et imaginer quel professeur de saxophone elle deviendrait : « Quel est le but d'enseigner à des enfants leur propre langue ? » Elle m'a répondu, après avoir réfléchi : « Le but, c'est de leur donner l'amour de leur langue. » puis « De leur donner l'amour des autres. »
    Quelle belle réponse ! Mais à sa place, voici ce que j'aurais répondu :
    - C'est d'abord apprendre à comprendre chaque mot, puis à saisir la relation entre les paragraphes : soit un développement, soit une réfutation, ou bien une illustration....
    - Ensuite, apprendre à résumer tout un long texte.
    - Finalement, apprendre à lire entre les lignes la véritable intention de l'auteur…. Par exemple, aucun soldat en temps de guerre ne pouvait écrire la vérité dans ses lettres. Non ! Il y a une multitude de textes dans le monde, mais je ne sais quels sont ceux qui disent la vérité.
    - Si on remplace « mots » et « texte » par « partition », on constate qu'en musique, c'est la même chose.
    C'est bien là ce que toutes vos interprétations nous ont rappelé aujourd'hui !

    Quel est l'objectif des cours de japonais donnés aux Japonais ?

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 31e concours musical de Shimamura » à la Salle Kioï à Tokyo)

    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordesJ'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes


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  • Cette année encore, j'ai été heureux d'écouter toutes vos interprétations magnifiques. Certaines avaient le charme d'un nouveau-né, du point de vue de l'innocence.
    Alors, je voudrais vous parler de la différence entre la musique instrumentale et le chant. Un exemple facile à comprendre, c'est la variation. D'abord, elle expose souvent un chant simple, puis suivent plusieurs variations de techniques instrumentales, qui parfois atteignent le nombre de plusieurs dizaines. Parmi les œuvres d'aujourd'hui, certaines étaient du style du chant. Une partie joue toujours la mélodie principale, les autres toujours l'accompagnement ; c'est le style de musique le plus simple. Il y a ce qui est le chant, et ce qui ne l'est pas, c'est ça, le style qu'on appelle « chant ». D'autre part, il y a eu quelques interprétations qui commençaient dans un style instrumental contemporain, mais qui, au milieu, se changeaient presque toujours en un chant lent.
    Quand j'étais étudiant, mon professeur de composition me taquinait parfois en me disant que si je ne pouvais m'empêcher d'aimer le chant, c'était que nous sommes fondamentalement un peuple agricole. Mais la musique instrumentale offre des possibilités plus vastes que le chant. Ne vous satisfaites pas du chant. Honneur à la musique instrumentale !

    La différence entre la musique instrumentale et le chant

    À propos, alors que dans les deux cas la musique est interprétée par des lycéens, il me semble qu'il y a une différence de niveau entre la musique instrumentale (mandolines, guitares ou instruments à vent) et la musique chorale. Quand on écoute un concours de chœurs, la pièce exigée est facile, mais la pièce libre présentée à un concours national par un lycée est d'un niveau presque professionnel sur les points « musicalité » et « justesse ».
    Pourquoi la musique instrumentale ne peut-elle pas atteindre ce même niveau ? Est-ce seulement parce qu'il est difficile de produire les sons ? Ou bien parce que, comme tout le monde ne peut pas participer, sans un instrument quelconque, les ressources humaines sont-elles limitées ? En tout cas, force est de constater que notre musique a inévitablement tendance à être enfantine.
    …Comme pour Socrate, la pire ignorance est celle qui s'ignore elle-même. Au lieu d'en avoir honte, nous allons en prendre conscience et l'améliorer.
    La musique, c'est le plus tardif de tous les arts. Dans l'ordre de l'évolution viennent la littérature (qui demande seulement l'écriture), la peinture, l'architecture, et enfin la musique. Plus un art nécessite des efforts, moins il évolue tôt. Il est certainement strict, mais il suscite un grand enthousiasme, comme des applaudissements. Honneur à la musique instrumentale qui demande des efforts acharnés ! Mais, apprenons aussi la musique chorale. Voilà, c'est monochrome aussi.

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 21e Concert des ensembles de mandolines et de guitares de l'Association Culturelle des Lycées de Shizuoka » en novembre 2017)

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  • J'ai été surpris d'entendre quelques interprétations de cette année qui étaient d'un plus haut niveau que celles des précédentes rencontres. Sur l'interprétation, comme sur la composition, tous les candidats sélectionnés me semblent avoir préféré des œuvres compliquées. Etait-ce dû au concours ? Pourtant, plus un message est simple, plus il est fort. Même si la technique, bien développée, permet d'obtenir une finesse compliquée, l'essence est toujours simple.
    Les indications données sur une partition, comme les accents, les liaisons d'accentuation ou les ritardando etc. sont l'assaisonnement. Si on mange en pensant aux effets de chaque ingrédient, comme « Prendre du sel après avoir transpiré », « Les acides aminés, le vinaigre, sont bons pour la santé », le repas ne sera pas délicieux. On peut oser ne pas prendre d'assaisonnement si on ne l'aime pas. Ce qui compte, c'est d'apprécier ce qu'on mange et de bien le digérer, pour le transformer en énergie.
    Il en va de même pour la musique : on ne peut pas émouvoir quand on se contente de la produire avec exactitude. Lorsqu'un cuisinier voit au-delà de l'ordre des notes, dans un style personnel, il est temps pour lui de grossir les rangs des professionnels. Cette année, il y a eu de tels moments. Mes félicitations à tous les candidats sélectionnés !

    Plus un message est simple, plus il est fort

    (Critique que j'ai prononcée à la Salle Kioï à Tokyo lors du « 30e concours musical de Shimamura »)

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  • Cette année encore, j'ai été heureux d'écouter vos interprétations enthousiastes. Notamment, il est intéressant que deux ensembles aient interprété la même œuvre, l'un comme un rêve d'enfant, l'autre d'une manière tendue et sans détour.
    Parmi les œuvres d'aujourd'hui, il y avait des arrangements adroits, mais d'autres étaient moins habiles. Certains d'entre eux auraient été maîtrisés par des lycéens ? D'abord, je tiens à vous en féliciter, mais je voudrais aussi ajouter ceci :
    Même si l'œuvre est la même ou composée des mêmes notes, l'interprétation change clairement et de plus chaque interprète éprouve du plaisir, c'est ça, l'arrangement. En général, je trouve que les compositions ou les arrangements d'œuvres pour ensemble des compositeurs de talent sont meilleures que ceux des mandolinistes ou des guitaristes. Mais pourquoi ?
    Je suppose que quel que soit l'instrument, ce qui est fondamental, c'est d'avoir le sens de la composition ou de l'arrangement.
    Meilleure est la partition que vous interprétez, plus vous obtenez de choses et plus vous serez émus, cela enrichira votre vie.

    Ensembles de mandolines et de guitares des Lycées

    Puisque la musique, comme le sport, est toujours l'ultime et irremplaçable occasion, cela émeut. Mais je ne dis pas qu'on ne doit pas essuyer d'échec, ni arranger par soi-même. Parce que c'est une attitude précieuse de se lancer des défis, sans peur de l'échec, de combattre les idées préconçues en brisant les stéréotypes, et de savoir apprendre de ses échecs.
    Je vous souhaite de faire l'expérience de « la palpitation durable. »

    (Discours critique que j'ai prononcé à l'issue du « 20e Concert des ensembles de mandolines et de guitares de l'Association Culturelle des Lycées de Shizuoka » en novembre 2016)

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  • Le mot de Hindemith : « Dans le monde, s'il y a ce qui est d'une part aristocratique et personnelle, d'autre part cruelle comme la lutte de la bête sauvage, c'est l'art ». Dans ce concert final, toutes les interprétations ou la composition étaient du plus haut niveau, autant dire les vainqueurs de la lutte pour la vie.
    (Extrait de ma critique du concert final du « 14e concours de piano de Shimamura » en 2000)
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    « Quel est le cœur de l'œuvre ? » Essayez de l'exprimer en un seul mot.... Il ne faut pas manquer cette étape pour que l'interprétation soit séduisante. Si on ne peut que l'expliquer en beaucoup de mots ambigus, il en sera de même pour son interprétation. D'ailleurs, il est vain d'insister sur les points qui ne sont pas très importants.
    (Extrait de ma critique du concert final du « 15e concours de piano de Shimamura » en 2001)
    J'ai terminé « HATAORI » pour ensemble à cordes

    Jouer dans une salle bondée est le nec plus ultra en matière de leçon. C'est plus précieux que mille leçons habituelles. Lors de vos répétitions, goûtez aux idées musicales que vous dénicherez dans la partition. Le goût changera jour après jour. De telles répétitions, riches en surprises et en découvertes, peuvent entraîner une interprétation séduisante sur la scène.
    (Extrait de ma critique du concert final du « 16e concours de piano de Shimamura » en 2002)
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