• Tout d'abord, toutes mes félicitations pour le succès de ce concert en cette situation particulière.
    La musique de style folklorique est parfaite pour les caractéristiques naturelles de la mandoline et de la guitare. C'est un mérite inimitable ! En particulier, de telles musiques ne créent rien juste en étant fidèlement interprétées selon leurs partitions. Si on a l'enthousiasme d'interpréter une musique à sa façon, on n'a pas à être complètement fidèle à la partition. Quand on pense qu'on en a fait trop, on retournera au point de départ ; c'est-à-dire une répétition de ce « dialogue ». À titre d'exemple, pourquoi ne pas prendre plus soin du charme des sons faibles ?

    Le meilleur de l'ensemble

    Le concert est une scène où l'attitude face à la musique et la façon de vivre avec la musique sont testés. On ne peut pas uniquement l'aimer, parfois on la hait. Ne voulez-vous pas expérimenter un plus haut niveau plutôt qu'interpréter simplement une musique que vous aimez ? Si vous surmontez un conflit en croyant fermement que vous pouvez le faire, quel monde y aura-t-il à l'avenir ? Par ailleurs, quelle impression cela donne-t-il quand tous les interprètes s'unissent ! C'est le meilleur de l'ensemble, c'est le travail du chef d'orchestre.

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 24e Concert des ensembles de mandolines et de guitares de l'Association Culturelle des Lycées de Shizuoka » en novembre 2020)

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  • Cette année encore, c'était très agréable de juger les candidats au concours.
    Où se trouve l'instant le plus séduisant dans un morceau ?
    Je pense que c'est le moment où une porte s'ouvre quand la musique revient au thème du départ.
    Par exemple, dans ce qui a été interprété aujourd'hui :
    - Dans la valse de Chopin, on pousse la porte plusieurs fois, mais elle ne s'ouvre que quand on la tire.
    - Dans les deux sonates de Chopin ou les morceaux de Khatchatourian et de Saint-Saëns, chaque fois qu'on surmonte une difficulté, des portes s'ouvrent une à une.
    - Dans l'« Étude d'exécution transcendante en fa mineur » de Liszt, la tempête se déchaîne, la mer s'ouvre enfin en deux et une porte apparaît.

    Une porte qui s'ouvre au comble de la musique

    - Dans le concerto pour violoncelle de Lalo et l'« Introduction et Rondo » pour clarinette et piano de Widor, à ce moment-là, la musique se tortille d'angoisse.
    - Dans la sonate pour flûte de Martinů, comme la pièce est en désordre, il est difficile d'en trouver la porte, mais après avoir consciencieusement cherché, on découvre que l'endroit est pur.
    - Dans la sonate pour flûte de Poulenc, il y a plusieurs portes identiques, mais la couleur de chacune se modifie peu à peu, celle de la dernière se révèle avec une voix divine, en ut majeur.
    - La cadence (partie improvisée) est aussi une porte : Là, on laisse foisonner son expression ; ou bien, dans un chant folklorique, on s'égare tout à coup dans la forêt.
    Il y a, voyez-vous, plusieurs sortes de porte.
    Je veux dire qu'on passe une porte mais qu'on ne revient pas à celui qu'on était auparavant... on a un peu grandi... C'est vraiment la magie de la porte ! Comme d'habitude, merci beaucoup pour ces morceaux superbes et pour les interprétations magnifiques !

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 33e concours musical de Shimamura » à la Salle Kioï à Tokyo)

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  • Cette année encore, je voudrais exprimer ma reconnaissance pour les nombreuses interprétations magnifiques qui viennent de nous être offertes. Chaque ensemble possède son propre charme. Présenter quelque chose à un public, c'est une compétition entre la technique et la sensibilité. De ce point de vue, voici ce que je voudrais vous faire remarquer :
    - La dynamique sonore dépend presque de la basse.
    - Là où un fortississimo (fff) est indiqué, on peut produire un terrible bruit. Ou plutôt, à cet endroit, le compositeur veut le bruit.
    - Ce petit signe est lourd de sens. C'est un point d'arrêt, où le compositeur veut que le moment dure pour l'éternité.

    La sensibilité artistique

    Alors, vous êtes comme des athlètes de la musique. Ce que vous devez écouter habituellement, ce que vous devez interpréter et comment vous devez l'interpréter, c'est comme le bon régime alimentaire et l'entraînement pour un athlète. De cette manière, j'espère que vous améliorerez votre technique et votre sensibilité artistique, pour bouleverser l'auditeur, comme aujourd'hui !

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 23e Concert des ensembles de mandolines et de guitares de l'Association Culturelle des Lycées de Shizuoka » en novembre 2019)

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  • C'était une tempête d'interprétations passionnées. Cette année encore, le concert final m'a bouleversé. Les Japonais ont pour langue maternelle le japonais. La plupart des gens qui apprennent beaucoup de vocabulaire et la grammaire d'une langue étrangère ne parviennent qu'à l'ânonner. Mais le locuteur natif peut sentir, penser, voire même émouvoir par sa langue maternelle. En musique, c'est la même chose. Soyons des musiciens natifs !
    Pour atteindre ce but :
    1) N'obéissez pas trop à la barre de mesure. C'est comme lorsqu'on se soucie seulement des temps, et qu'on n'arrive pas à se concentrer.
    2) N'obéissez pas trop aux indications données par la partition. C'est une grave erreur d'estimer que cette façon permet d'interpréter mieux. On peut ne pas obéir aux indications si on ne le veut pas. C'est ça, être un musicien natif.
    3) Sentez la tonalité. On étudie la dominante, la sous-dominante et la tonalité relative. Ces différences de tonalité équivalent à « chanter sur Terre », « chanter sur la Lune », « chanter sur Mars ». Par exemple, voici ce qui a été interprété aujourd'hui :
    - Dans la seconde moitié du final du « Concerto pour violon et orchestre op. 61 nº 3 » de Saint-Saëns, la tonalité module vers ut majeur. C'est la tonalité napolitaine de tonique (si mineur).
    - L'apothéose du final de la sonate nº 3 de Brahms est en ut bémol majeur. C'est la tonalité napolitaine de la sous-dominante de tonique (fa mineur).
    Les deux sont des tonalités étonnantes, et on se sent comme entrer dans un trou noir. C'est ce que ressent un musicien natif.
    Mes félicitations à tous les participants ! C'était exceptionnel, bravo !

    Chantez sur Terre, sur la Lune, sur Mars

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 32e concours musical de Shimamura » à la Salle Kioï à Tokyo)

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  • Voici cinq ans que je suis membre du jury de ce concert. Je suis très heureux d'avoir vu tous les ensembles s'améliorer. Chaque ensemble nous a montré le meilleur de la musique d'ensemble de mandolines et de guitares. Quand l'ensemble d'une association fonctionne mieux, on ne peut que garder le silence en regardant. Aujourd'hui, je vais parler de moi.

    Plus on souffre, plus on progresse

    On compose souvent dans la souffrance. Il s'agit de ne pas être perdant au concours de composition, ni de manquer le premier prix…. Mais, dans l'histoire, les grands compositeurs formidables sont nombreux. Même si un compositeur n'est pas très renommé, il est bouleversant que ses œuvres subsistent après sa mort. Je me demande souvent quel niveau je pourrais atteindre en faisant de mon mieux toute ma vie, et je juge mon niveau comme n'étant pas encore à ce niveau, donc plus je compose, plus je souffre. L'objectif est très élevé, mais même si j'essuie plusieurs échecs, je n'abandonne jamais. Je sais que ça ne sera pas facile. De plus, quand on relève un défi difficile, on s'améliore. Plus on souffre, plus on progresse. En effet, je me rends compte que je n'aurais pas pu composer mes derniers morceaux il y a cinq ans. Avant toute chose, la musique est superbe, que j'essaie de composer, c'est une sensation gratifiante.
    Je suppose que pour vous aussi, n'est-ce pas ? Mes félicitations à tous les concurrents ! C'était exceptionnel, bravo !

    (Discours critique que j'ai prononcé à la fin du « 22e Concert des ensembles de mandolines et de guitares de l'Association Culturelle des Lycées de Shizuoka » en novembre 2018)

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